Ça, moi et surmoi… au boulot

De quelle manière le ça, le moi et le surmoi peuvent-ils avoir une incidence sur votre vie professionnelle? Ce concept psychologique pourrait vous aider à changer votre conception et à retrouver le cœur à l’ouvrage.

Dans le cadre de ma pratique, je rencontre régulièrement des personnes dont le leur a pris un congé sabbatique lorsqu’on parle de travail. Le plaisir, le sens, le bonheur et la motivation ont laissé place aux obligations, des dates d’échéances, au respect des mesures en place et à une augmentation du stress. Comment cette transformation peut-elle s’opérer?

Suite à une question de la part de l’un de mes clients, je me suis remise à lire au niveau de la théorie de Freud portant sur le Ça, le Moi et le Surmoi. Bien que j’aie vu cette approche psychanalytique au cours de ma formation universitaire, je l’ai peu utilisée par la suite (étant donné mon orientation davantage humaniste), j’avais donc besoin de rafraîchir mes méninges!

Ce fut un réel plaisir de redécouvrir Freud en ayant une plus grande expérience de vie! D’être en mesure de mieux comprendre et d’appliquer ses concepts. En voici donc les grandes lignes.

Ça : Il est composé des désirs, des pulsions (dont sexuelles) et des émotions. Il est présent depuis notre naissance et il n’a pas les notions de temps, de la structure ou des interdits et agit de manière entièrement inconsciente. Le ça est régit par le principe du plaisir, et idéalement du plaisir immédiat.

Surmoi : Il est composé des règles inconscientes. Il se construit tôt pendant l’enfance et l’adolescente à partir des interdits parentaux, culturels et sociétaux. Le surmoi agit de manière inconsciente afin de censurer les pulsions non acceptables (du point de vue moral) selon l’idéal du moi des parents ou autre figure d’autorité. Il amène ainsi les personnes à s’investir dans le travail, la création artistique, les sports, le recherche intellectuelle ou encore la méditation afin de gérer leurs pulsions provenant du ça. Il est régit par le principe de la moralité.

Moi : Il agit en tant d’intermédiaire entre le ça et le surmoi afin de trouver un équilibre entre les pulsions incontrôlées provenant du ça et les obligations morales exigées par le surmoi afin d’atteindre la perfection. Le moi intervient de manière consciente car il travaille de manière logique et rationnelle. Il est régit par le principe de la réalité.

Ainsi, lorsqu’on se trouve dans une situation où l’on sent une pression s’installer, que notre niveau de stress croît, que l’inconfort qui se pointe le bout du nez, cil s’agit de signaux que le moi n’arrive plus à maintenir l’équilibre. À ce moment, soit le Ça ou le Surmoi tire plus fort, et ce au détriment de l’autre. Il est alors intéressant de prendre une certaine distance afin d’observer ce qui se passe. Ai-je mis de côté le plaisir dans les tâches que j’accomplis? Est-ce que je m’exige un niveau de performance trop élevé? Il est alors possible d’accorder plus de place à celle qui a été écartée et ainsi avancer avec plus de «zénitude» et de laisser place au bonheur tout en tenant compte de la réalité! Bonne recherche de cet équilibre!

Ha! Le perfectionnisme!

Le perfectionnisme. Nous en entendons parler! Il est valorisé, il est malmené. Qu’en est-il exactement de ce trait de personnalité? De quelles manières affecte-t-il votre vie professionnelle? Je vais d’abord vous présenter les enjeux reliés au perfectionnisme, les atouts que présente ce trait et examiner la combinaison idéale afin de le maximiser.

Les inconvénients

Étant donné que le perfectionniste accorde une grande importance aux détails, il a l’impression d’en être inondé et peut éprouver de la difficulté à détecter ce qui est réellement important et urgent car rien ne semble ressortir. Quelles sont mes priorités? Il peut ainsi se retrouver à travailler des heures de fou pour respecter ses échéanciers, et même parfois, ne pas y parvenir car ne sachant par où commencer, il aura procrastiné.

Le perfectionniste voit grand et souhaite accomplir de grandes choses. Le fait de viser des sommets aussi hauts l’amène à s’investit beaucoup : en temps, en énergie et en économies avec le sentiment que ce n’est jamais terminé car il peut toujours faire mieux, se dépasser et aller plus loin. Ces sentiments créent un sentiment de pression afin de performer.

Cette pression lui donne l’impression de vivre en état de surcharge perpétuelle, d’où il a de la difficulté à décrocher, à faire autre chose que travailler au sens littéral comme au figuré. Peu à peu son sentiment de plaisir s’efface… et le sens disparaît.

Si la situation persiste dans le temps, le perfectionniste pourrait développer des symptômes reliés à la dépression, à l’anxiété et un sentiment d’éternelle insatisfaction tant envers lui-même et qu’envers les autres car ils n’arrivent pas à combler ses exigences, souvent irréalistes. Il trouve ardu de mobiliser les à l’atteinte de SON niveau d’excellence car ils n’accordent pas la même valeur au travail à faire.

Ce décalage au niveau des objectifs à atteindre engendre régulièrement des défis pour le perfectionniste lorsqu’il établit des relations avec les autres. Accepter de faire confiance, de travailler en équipe et de déléguer des tâches car il a la crainte que ce qui sera livré ne sera pas à la hauteur de SES attentes et qu’il devra, de toute manière, le reprendre. Avec le temps, le perfectionniste peut choisir de s’isoler.

Le perfectionniste accorde une grande d’importance au respect des règles et des procédures. Ceci l’amène faire preuve de rigidité et à trouver difficile de sortir des sentiers battus. Innover, laisser place à la créativité ou encore prendre des risques sont des défis pour lui. Cette rigidité pourrait même lui faire manquer des opportunités intéressantes.

Qu’est-ce qui pousse tant le perfectionniste à rechercher la perfection? S’il met autant d’énergie et d’efforts dans ce qu’il entreprend c’est qu’au fond de lui, il a peur d’être rejeté s’il n’est pas à la hauteur. Il attribue également sa valeur personnelle à la perception que les autres ont de lui. Donc, s’il échoue ou s’il est imparfait, il a l’impression qu’il ne vaut plus rien. Sa confiance en lui est fragile. Il a sans cesse l’impression qu’elle peut s’effondrer. Il a le sentiment, que malgré toute l’énergie investie, qu’il n’est pas à sa place et il craint que son imposture ne soit découverte. Cette crainte constante l’empêche d’éprouver du plaisir dans ce qu’il entreprend.

Il a également une vision disproportionnée de la réalité, accordant une immense pointe de tarte au négatif (à ce qui a mal été, aux embûches rencontrées, aux détails mal ficelés) et une infime place au positif (aux succès, réalisations et aux apprentissages effectués). De plus, ces derniers ont tendance à s’estomper rapidement écrasés sous le poids des éléments négatifs, laissant un goût de déception dans la bouche.

Lorsque nous portons notre attention uniquement sur les points négatifs, on peut craindre pour les perfectionnistes! N’oublions pas qu’il y a également l’autre côté de la médaille!

Les avantages

Être perfectionniste est très valorisé dans notre société, dans nos familles et on a l’impression que le fait de réussir signifie qu’on vaut quelque chose, qu’on a de la valeur.

Avant de passer à l’action, le perfectionniste prend un long moment de réflexion, analyse toutes les possibilités. Ce moment de préparation lui permet de s’assurer de bien identifier les éléments en jeu et d’assurer la cohérence. Le perfectionniste sera souvent reconnu pour sa capacité à repérer des détails qui échappent aux autres. Cette qualité très précieuse permet d’éviter des erreurs qui pourraient être coûteuses en temps, en énergie et en argent. Elle est propice à agir de manière organisée et en respectant les règles. Les perfectionnistes sont reconnus pour leur grande conscience professionnelle.

La vision de l’atteinte de l’excellence est source de motivation interne chez le perfectionniste et le fait passer à l’action. En route, il récolte régulièrement la reconnaissance des autres, laquelle contribue à arroser sa motivation vers l’atteinte de cette excellence. Aussi, le perfectionniste à la volonté de satisfaire ses collaborateurs : patron, collègues, clients, fournisseur… ce qui le pousse à travailler pour identifier de meilleures solutions et ainsi éprouver une immense satisfaction. Avoir un perfectionniste dans son équipe de travail amène chacun à se dépasser.

Afin d’atteindre ses standards de performance, le perfectionniste se donne des moyens et des outils. Il va s’investir, s’inscrit dans la formation continue, s’entoure des meilleurs dans le domaine et y consacre le temps nécessaire.

Dans ce billet, j’ai mis plusieurs des aspects positifs et négatifs reliés au trait du perfectionniste, mais rares sont les individus qui les possèdent tous! Aussi, ils peuvent se manifester d’une manière dans une sphère de notre vie et être absent dans une autre.

Des pistes de réflexion…

Que peut-on faire lorsque notre trait de perfectionnisme nous met des bâtons dans les roues et nous empêche d’être heureux?

La première étape consiste à changer sa paire de lunette. Enlever celle du perfectionniste et la remplacer pour celle de la personne consciencieuse.

À ce moment, plusieurs changements s’opèrent.

  • S’imposer des standards d’excellence humainement possibles à atteindre et qui motivent réellement
  • Doser ses efforts et ses priorités sans négliger l’importance des détails
  • Demeurer flexible tout en ajustant ses exigences au contexte ou à l’importance de l’activité
  • Se donner le droit à l’erreur et la possibilité d’apprendre de celles-ci car l’échec n’existe pas, il n’y a que du feedback
  • Ajouter du plaisir et de la satisfaction afin de savourer autant le processus que la destination
  • Chercher à prévenir les difficultés et entrer en mode solution si une se présente

En conclusion

Je vous invite à troquer votre costume de superhéros pour mettre celui de la bienveillance et du respect envers vous-même afin de savourer l’atteinte de votre bonheur au quotidien.

Maître de soi

Chère lectrice, cher lecteur,

Le chemin pour entreprendre un changement durable dans notre vie professionnelle peut sembler complexe. Voici quelques étapes-clé pour y parvenir. La première consiste à devenir « maître de soi ». Comment s’y prend-t-on?  3 éléments à considérer.

Pour ce faire, la connaissance de soi est essentielle, tant dans ses forces que dans ses zones de développement. Quels sont les éléments qui vous distinguent, qui font en sorte que vous êtes un être à part entière? L’identification de ces éléments demande du temps de qualité avec vous-même et pourrait parfois impliquer votre entourage. Une fois ceux-ci identifiés, je vous encourage à miser au niveau de vos talents. De quelle manière pouvez-vous les optimiser afin de vous choisir?

Un second aspect pour être « maître de soi » consiste à développer la conscience de soi. Quelles sont les émotions qui vous habitent selon les diverses situations que vous vivez? De quelles manières ont-elles un impact sur vos actions? Lesquelles sont gagnantes? Lesquelles seraient à revoir?

Un troisième élément favorise la « maîtrise de soi », il s’agit du choix de votre destination. Où avez-vous envie de vous diriger? Avec quelles valeurs? Quels domaines d’action allez-vous privilégier? Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre? Quels résultats? Tant de questions incontournables afin de cibler convenablement et d’avancer dans la direction choisie. Ces réponses servent de balises pour diriger nos actions. N’ayez pas peur de voir grand et d’oser.

Tout au long de votre exploration, il est possible que vous éprouviez des blocages qui semblent vous limiter. Je vous invite à les accueillir et à déterminer ce que vous en ferez. Ils se présentent afin de vous aider dans vos réflexions, afin d’aller plus loin et sortir de votre zone de confort.

Être maître de soi commence par bien se connaître, gérer efficacement ses émotions tout en sachant où l’on souhaite se diriger. Je vous invite à vous accorder ce cadeau et ainsi qu’à réfléchir chaque semaine à votre cheminement, à adapter vos stratégies en fonction de votre destination et du chemin que vous choisirez de prendre. La gestion de votre vie est un projet à part entière.

Quand prendrez-vous votre premier rendez-vous avec vous-même?

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Un bris de carrière: un privilège?

Le contexte du marché de l’emploi a grandement changé au cours des dernières décennies. Fusion, restructuration, fermeture, les postes temporaires ou à temps partiel… La stabilité d’emploi a changé de profil. Ces changements dans les organisations ont contribué à la perte de nombreux emplois, parfois ils touchent de parfaits inconnus, d’autres fois un proche ou encore nous-même. L’annonce de cette «décision» agit d’abord comme une onde choc et provoque de l’inquiétude… souvent financière qui empêche de considérer les aspects positifs de cette situation.

Crédit photo Camille G. Photography
Crédit photo Camille G. Photography

D’abord, la structure de notre tissu social nous amène à nous définir par notre statut professionnel, le lieu où nous travaillons et le poste que nous occupons et non par qui nous sommes comme être humain. Certains vivent de façon si intense cette perte d’identité qu’ils en éprouveront une certaine gêne lors des moments de socialisation et pourraient aller même jusqu’à les éviter.

Également, dans ma pratique, rares ont été les personnes qui ont vu cette occasion comme étant un cadeau que la vie leur envoyait. À mon avis, la société dans laquelle nous évoluons y est pour quelque chose car elle met de la pression pour être actif, pour contribuer et laisse peu de place aux moments de réflexion, de pause lesquels sont nécessaires pour vivre les étapes de cette période de transition.Pourquoi? Parce que la productivité est grandement valorisée! Notre valeur personnelle est perçue en termes de ce que nous rapportons à la société. Réfléchir sur soi et au niveau de son avenir professionnel est ainsi peu priorisé au sein de la population. Et pourtant! Cette action est très payante pour les personnes qui empruntent ce chemin.  Prendre le temps, surtout en période du mitan (environ 40 ans) de se questionner sur nos aspirations futures, nos choix professionnels, nos talents, nos forces et nos intérêts est essentiel afin de se redéfinir et de se diriger au bon endroit et ainsi s’épanouir professionnellement. Un des ingrédients pour faciliter cette étape est de faire preuve d’indulgence à son propre égard et de prendre soin de soi comme on le ferait pour notre propre amie. J’ai malheureusement croisé trop de personnes qui, voulant « réussir efficacement » leur transition, ont rapidement accepté un poste dans le but d’être rapidement active (et se sortir de cette zone d’inconfort!) sans faire les choix leur permettant d’être heureuses.

Je ne néglige pas le fait que ce cadeau, même bien emballé peut parfois être exigent. Que parfois on aurait préféré ne pas faire cette halte professionnelle. Cette brèche dans notre vie professionnelle nous permet néanmoins de tirer avantage du fait d’avoir un bagage expériences, de connaissances et de compétences qui permettent de mieux se connaître et de développer une meilleure conscience de soi. Il est alors possible de construire solidement pour l’avenir et de prendre la direction qui fait le plus de sens pour nous. Bon cheminement!